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Souterrains, le monde creusé par l'homme. Jérôme et Laurent Triolet. Carrières souterraines, champignonnières, villes souterraines, souterrains-refuges, habitats troglodytiques, tunelles de guerre, souterrains cultuels, catacombes.

Les souterrains aménagés

Les souterrains aménagés constituent notre principal sujet d'étude.
Souterrains, c'est-à-dire creusés par l'homme sous la terre, ils sont en outre aménagés, c'est-à-dire pourvus d'aménagements divers. Leur réalisation a été effectuée en vue d'une utilisation donnée. Ces ouvrages se présentent le plus souvent sous la forme de galeries et de salles de dimensions relativement modestes formant un réseau plus ou moins étendu. Ils sont taillés entièrement dans la roche. Leur fonction exacte reste relativement difficile à préciser au vu de leurs vestiges et des éléments qui sont parvenus jusqu'à nous. On peut néanmoins identifier deux grands groupes : les souterrains-refuges et les souterrains annulaires.

 

 

 

Les souterrains-refuges

Les souterrains-refuges constituaient des forteresses souterraines de proximité, creusées en des périodes troubles et conçues, dans nos campagnes, pour abriter une communauté (habitants d'une ferme, d'un hameau, d'une maison forte ou d'un petit château…) ainsi que ses moyens de subsistance (bétail, grains…). Ils devaient permettre à ces hommes de survivre en fournissant, le cas échéant, une défense suffisamment efficace pour créer des difficultés et occasionner des pertes propres à décourager un ennemi de passage. La nature des systèmes de défense équipant ces réseaux permet de les classer en deux catégories : les souterrains-refuges à défense passive creusés dès le XIIIe siècle, et les souterrains-refuges à défense active, plus tardifs (XIVe – XVIe siècles). Dans les souterrains-refuges à défense passive, les systèmes de défense reposent sur des obstacles (portes, chatières) ou des pièges (puits, silos) ne nécessitant pas d'être servis par les défenseurs. Dans les souterrains-refuges à défense active, les systèmes de défense offrent plus de complexité et comprennent notamment des meurtrières ou des trous de visée qui, servis par les occupants du souterrain, permettaient d'anticiper et d'anéantir l'assaillant avant même qu'il ne s'attaque aux obstacles barrant sa progression vers le cœur du réseau.

 

 

 

 

Les souterrains annulaires

Les souterrains annulaires, quant à eux, se caractérisent par la présence d'une galerie dont le tracé décrit un ou plusieurs anneaux ; leur plan ne semble pas pouvoir correspondre à une fonction utilitaire. Dans l'état actuel des connaissances, il est fort probable qu'ils aient été creusés et utilisés dans un but cultuel, entre le Xe et le XVIe siècles, dans un contexte de culte des morts et de la fécondité, en liaison avec des traditions issues du vieux fonds de croyances en la Terre-Mère.

 

 

 

 


 

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