habillage
Souterrains, le monde creusé par l'homme. Jérôme et Laurent Triolet. Carrières souterraines, champignonnières, villes souterraines, souterrains-refuges, habitats troglodytiques, tunelles de guerre, souterrains cultuels, catacombes.

Il y a cent ans : 16 avril 1917 Chemin des Dames (Aisne, France), les creutes font basculer la bataille


illustration

Le 16 avril à 6 heures, à la suite du barrage roulant qui commence à s'éloigner, les soldats des 5e, 6e et 10e armées s'élancent à l'assaut du plateau qui sépare les vallées de l'Aisne et de l'Ailette, sur la crête duquel court le fameux Chemin des Dames. Les tranchées de première ligne, peu défendues, sont enlevées sans difficulté, et les vagues d'assaut poursuivent leur progression, peinant dans la pente et la boue à suivre les 2 kilomètres-heure que leur impose le barrage roulant censé écraser toute velléité de résistance devant eux. Dans la précipitation et la pénombre du petit matin, les poilus ne s'attardent pas sur les ouvertures encombrées de débris qui s'enfoncent ici et là à partir des tranchées ravagées, laissant aux nettoyeurs le soin de réduire d'éventuels isolés. Ce qu'ils ignorent c'est que, tapis sous leurs pieds, massés dans les couloirs de remontée et bien pourvus en grenades et en mitrailleuses, des milliers d'Allemands attendent que leurs officiers leur donnent l'ordre de contre-attaquer ; bien protégés par des mètres de roche, ils n'ont, dans leur ensemble, pratiquement pas souffert du déluge d'obus de shrapnels et de mines qui s'est abattu en surface et sont prêts au combat… Entre 7 et 8 heures, au moment où les premières vagues d'assaillants débouchent sur le plateau, loin derrière le barrage d'artillerie qui les a distancées, l'enfer se déchaîne ; sortant de nulle part, devant, dans le dos et sur le flanc de Français en pleine progression, les Allemands mettent une multitude de mitrailleuses en batterie, massacrant les poilus de leur feu et de leurs grenades. (…) En quelques heures l'offensive est brisée, et les rares unités qui avaient réussi à s'aventurer jusqu'à la vallée de l'Ailette sont encerclées et neutralisées avant la soirée. La percée a échoué ; en l'espace de quelques heures, l'offensive victorieuse imaginée par Nivelle s'est muée en désastre, et ce sont des troupes décimées qui vont maintenant essayer de s'accrocher au plateau sur lequel elles ont réussi à prendre pied.

 

Extrait de La guerre souterraine, Editions Perrin, 2011, 348 p.

 


 

Sivasa : « ville souterraine de Cappadoce »


illustration

En 1988, titulaires de visas de recherche délivrés par le gouvernement turc, bénéficiant d’une bourse du ministère de la Jeunesse et des Sports et du soutien de nombreux sponsors industriels, nous menions une expédition consacrée à l’exploration et à l’étude des « villes souterraines » de Cappadoce. Nous connaissions l’existence de trois « villes souterraines » ouvertes au public. Les plans partiels de Kaymakli et de Dérinkuyu ainsi que les quelques photographies et descriptions publiées nous avaient convaincus du caractère défensif de ces gigantesques réseaux, nous avions même relevé d’étonnantes similitudes avec les souterrains-refuges que nous étudiions alors dans l’ouest de la France. Tout indiquait qu’il existait de nombreuses autres « villes souterraines » en Cappadoce, et notre contact sur place nous avait assuré qu’il connaissait les entrées de quatre d’entre elles, des sites méconnus voire inexplorés, et il se proposait de nous y emmener. Le principal objectif de notre expédition était l’exploration, la topographie et l’étude détaillée d’une « ville souterraine » inédite.

 

Une fois en Cappadoce, notre guide nous a conduits dans le petit village de Sivasa (Gökçetoprak). Au pied la falaise de tuf qui s’élevait derrière les modestes maisons, parmi les blocs effondrés, accompagné de plusieurs villageois, il nous a montré l’ouverture d’une galerie. Nous nous sommes engouffrés  dans l’étroit boyau, nous avons atteint une première salle, puis une autre ; couloir après couloir, salle après salle, nous avons compris qu’une exploration exceptionnelle s’offrait à nous.  Le réseau s’avérait gigantesque, il y avait toujours une ouverture au fond d’une chambre qui nous emmenait vers un nouveau boyau puis une nouvelle salle. Scindé en deux équipes, notre petit groupe a passé une semaine à lever le plan de ce réseau comportant 25 salles et à faire autant de photographies que possible. Une fois ce travail achevé, des villageois nous ont emmenés un peu plus loin, toujours au pied de la falaise. Stupéfaits, nous avons découvert de nouveaux couloirs, de nouvelles meules et de nouvelles salles : juste à côté de l’immense réseau que nous venions d’explorer et de topographier, il restait encore des découvertes à faire !

 

Près de 10 ans plus tard, alors que nous entamions une collaboration avec l’équipe de Roberto Bixio, nous apprenions que, derrière le village de Sivasa, nos collègues italiens avaient pu explorer non pas un réseau supplémentaire, mais sept ! A Sivasa, il existe huit réseaux creusés dans la falaise, regroupant une centaine de salles, et le tout réparti sur plusieurs hectares !

 

L’exploration de Sivasa restera l’un de nos plus beaux souvenirs souterrains. Nous étions les premiers à étudier une « ville souterraine » intacte ; contrairement aux autres « villes » connues à cette époque, aucun aménagement récent ne l’avait dénaturée, nous pouvions observer les traces de frottement des portes de pierre, il existait même des tessons de céramiques dans certaines niches. En 1993, paraissait notre livre Les villes souterraines de Cappadoce première synthèse publiée sur la question, nous avions consacré un chapitre entier à Sivasa. Cet ouvrage est aujourd’hui épuisé et, près de 30 ans après notre exploration, il nous a semblé utile de proposer en libre accès ce texte sur Sivasa, accompagné des photographies de l’époque et du plan dans une version restaurée. Ce texte comporte sans aucun doute certaines maladresses, mais il témoigne également de l’enthousiasme suscité par cette exploration, il a au moins le mérite d’offrir une description détaillée et une modélisation de l’organisation défensive d’un souterrain-refuge exceptionnel. Pour approfondir la question, prendre connaissance de nouvelles découvertes et d’une réflexion plus aboutie sur les « villes souterraines » de Cappadoce, nous invitons tous ceux que le sujet intéresse à se reporter au chapitre que nous leur avons consacré dans La guerre souterraine paru chez Perrin en 2011 (chapitre 1 : Des villes souterraines pour échapper aux razzias pp. 15-40).

 

Jérôme et Laurent Triolet, le 9 février 2017
 

 


 

Conférence lors du 39ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains, le 19 novembre 2016 à Dainville (Pas de Calais)


illustration


Nous participerons au 39ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains qui se déroulera les 19 et 20 novembre 2016 à Dainville
(Salle des fêtes, 3 rue des écoles).


Nous y présenterons une conférence intitulée : La guerre souterraine : une réponse universelle du faible au fort.


Plus d’informations sur ce congrès

 


La guerre souterraine : une réponse universelle du faible au fort
Confrontés à une insécurité endémique ou à des ennemis dont la puissance les dépassait, les hommes ont de tous temps confié leur survie au monde souterrain ; ils ont creusé,  au prix de travaux d’une ampleur à peine imaginable, des souterrains très élaborés, spécialement conçus pour pouvoir s’y abriter, s’y défendre, contrer et même prendre soudainement le dessus sur l’adversaire.
Sur une longue période s’étendant du Moyen Âge aux Temps modernes, les villes souterraines de Cappadoce, les souterrains-refuges de l’ouest de la France ainsi que les muches du nord de la France correspondent à trois réponses comparables aux pillages et aux malheurs de la guerre. Plus proches de nous, les grands souterrains-refuges villageois du Nord-Vietnam nous montrent que la logique du souterrain-refuge demeurait toujours efficace au XXe siècle, et les tunnels de guerre du Sud-Vietnam représentent une autre variante de la guerre souterraine. En ce début du XXIe siècle, les complexes souterrains de haute montagne de l’Afghanistan et les tunnels de guerre du Sud-Liban témoignent d’une guerre souterraine renouvelée et toujours efficace.
Une synthèse sur les aménagements, l’architecture et l’organisation de ces sept groupes de cavités géographiquement éloignés permettra d’établir quelles sont leurs caractéristiques communes et de préciser en quoi ces caractéristiques sont garantes de leur efficacité. Une comparaison des différents contextes historiques à l’origine de leur creusement conduira à préciser quelles semblent être les principales conditions propices ou nécessaires à l’apparition et au développement d’une guerre souterraine.

 


 

Les souterrains de Vendée, conférence proposée par l’Association des Vendéens de Paris, samedi 15 octobre 2016 à Paris


illustration

 

A l’invitation de l’Association des Vendéens de Paris, le samedi 15 octobre 2016 à 17h, Jérôme donnera une conférence sur  Les souterrains de Vendée.

 

Après plus de 25 ans de recherches et la parution du livre Souterrains de Vendée en 2013, cette conférence offrira l’occasion de souligner l’importance du patrimoine souterrain en Vendée et de présenter quelques-uns des plus beaux ouvrages qui creusent son sous-sol. Les souterrains de Vendée seront également considérés dans un contexte plus global en donnant un aperçu du phénomène souterrain en France et ailleurs dans le monde.

La majorité des réseaux vendéens sont des souterrains-refuges, des cavités fortifiées témoignant de l’autodéfense des communautés rurales lors des périodes de troubles incessants qui agitèrent la fin du Moyen Âge et le XVIe siècle, notamment durant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Plus tard, au moment des guerres de Vendée, quelques-uns servirent encore de caches à ceux qui cherchaient à échapper aux colonnes infernales. Les souterrains annulaires, dont les couloirs décrivent un ou plusieurs anneaux, sont également nombreux en Vendée. Ils témoigneraient quant à eux de cultes ou de rites passés liés à la Terre, comme tend à le confirmer le souterrain annulaire redécouvert sous l’église Notre-Dame de Chalais.

 

La conférence se déroulera dans les locaux de Masson Immobilier, 60 boulevard de Charonne (Métro Avron), Paris - entrée payante (5 € avec café et brioche d’accueil).

Optionnel : un dîner prolongera la conférence (sur réservation avant le 6 octobre : Henri Maria henrimaria85@yahoo.fr / 06.29.25.79.07)

Les Vendéens de Paris

 

 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : Troglodytes d’Iran


illustration

En Iran, le creusement de la roche est une pratique pluriséculaire, et l’habitat troglodytique tient une place de choix au sein d’un patrimoine souterrain varié. Les troglodytes iraniens occupent encore quelques villages creusés comme celui de Meymand, situé dans la province de Kerman, dans le sud-est du pays. Installé sur le plateau iranien, à 2200 m d’altitude, dans un paysage semi-désertique marqué par des conditions climatiques rudes, le village troglodytique de Meymand se niche au cœur d’un décor minéral grandiose. Ici, comme ailleurs dans le monde, le troglodyte a parfaitement su s’adapter au milieu et a ingénieusement tiré parti de l’environnement naturel. A Meymand, l’implantation au fond d’une petite vallée qui a grignoté les dépôts volcaniques se fait particulièrement discrète : seules les bouches sombres et les murets de pierres sèches qui les entourent trahissent la présence humaine. Ces innombrables cavités représentent l’habitat hivernal d’une population semi-nomade pratiquant l’agriculture et l’élevage de chèvres ou de brebis. Peuplé aujourd’hui de quelque 150 âmes, le village entier s’épanouit sous terre, à l’abri des regards extérieurs. Tout est creusé dans le tuf volcanique : les habitations bien sûr, mais aussi les bains, la mosquée ou encore la grande salle destinée aux fêtes religieuses. En juillet 2015, le site de Meymand a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial en tant que paysage culturel.

 

Voir les images 

 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : Souterrains d’Irlande


illustration

L’Irlande, particulièrement le sud de l’île et notamment le comté de Cork, est très riche en souterrains aménagés médiévaux, souvent en relation avec des lieux fortifiés, notamment des enceintes circulaires, les fameux « ringforts ». Avec notre collègue et ami James P. McCarthy qui, en 1977, a consacré un mémoire de Master of Art aux souterrains du comté de Cork, nous avons eu le privilège d’en visiter certains.

A la différence des souterrains français, nombre de ces réseaux présentent la caractéristique d’être « construits », constitués de couloirs plus ou moins larges dont les parois en pierres sèches, renforcées de piliers monolithiques, soutiennent des dalles de couverture, le tout ayant été recouvert de terre après réalisation. Des piliers ou des dalles verticales rétrécissant le passage marquent l’accès aux différentes zones du souterrain et, dans certains, des pierres oghamiques (stèles gravées d’inscriptions en alphabet oghamique érigées entre le IVe et le VIIe siècle) ont même été réemployées pour soutenir les dalles de couvertures.

A côté de ces ouvrages « construits », il existe aussi des souterrains aménagés creusés directement dans la roche, tout à fait comparables à ceux rencontrés dans l’ouest de la France. Parmi ces ouvrages creusés, le souterrain-refuge de Dunisky est un monument exceptionnel qui présente un plan et une architecture le rapprochant étonnamment de certains souterrains-refuges du sud-ouest de la France. En effet, outre les banquettes accolées aux parois, les goulots et les puits d’extraction, l’une des salles est dotée d’une voûte à deux pans qui semble avoir été taillée pour imiter le toit d’une habitation de surface.

Les similitudes troublantes entre certains souterrains irlandais et français viennent s’ajouter à celles déjà constatées dans d’autres pays et résultent très certainement d’un phénomène de convergence, même si des influences mutuelles ne peuvent pas être totalement écartées. Confrontés à une menace du même type, des hommes différents ont apporté la même réponse : le creusement d’un souterrain-refuge.

Voir les images

 

Télécharger la publication de James P. McCarthy sur le souterrain de Dunisky

 


 

Participation à la Seconde conférence internationale sur l’Architecture Troglodytique, les 7 et 8 octobre 2015 à Téhéran (Iran)


illustration

 

 

A l’invitation du Research Institute for Cultural Heritage and Tourism (RICHT), nous participerons à la Seconde conférence internationale sur l’Architecture Troglodytique qui se tiendra les 7 et 8 octobre 2015 à Téhéran en Iran. 

 

 

 

Nous y présenterons une communication sur les souterrains-refuges et les « villes souterraines » en France et en Cappadoce (Turquie).

 
 


 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : Guerre des mines


illustration

Apparue dès l’antiquité pour abattre les murailles des villes fortifiées, révolutionnée par l’utilisation de la poudre à canon au début du XVIe siècle puis rationalisée par les ingénieurs militaires, l’utilisation de mines et de contre-mines souterraines lors des guerres de siège ou de position fut constante jusqu’au début du XXe siècle. Ce type d’utilisation guerrière du monde souterrain connut son apogée lors des grands sièges de la seconde moitié du XIXe siècle (Sébastopol, Tuyên Quan, Port Arthur…) et surtout durant la Grande Guerre ou, malgré les quantités considérables d’explosifs employées et le caractère formidable des effets obtenus, la mine ne permit jamais de percer le front adverse. De nombreux documents d’époque témoignent de l’obscur et dangereux combat des sapeurs, mineurs, tunnelers et autres pionniers.

Voir les images

Livre sur le sujet

La guerre souterraine, éditions Perrin, Paris, 2011 ; chapitre 4 : La guerre des mines pp. 103-126.


 

Nos publications en téléchargement


illustration

Désormais et dans la mesure du possible, nous proposerons également nos publications en téléchargement sur ce site. Aujourd’hui, parmi plus de 50 articles publiés, 9 sont disponibles en téléchargement. Il s’agit principalement d’articles récents mais aussi de publications plus anciennes, rédigés aussi bien en français qu’en anglais. Pour les consulter, il suffit de se rendre sur la page Publications.

 

Nous complèterons progressivement cette liste en proposant notamment des publications anciennes qu’il est aujourd’hui difficile de se procurer.

 

Jérôme et Laurent Triolet, le 24 décembre 2014

 

Publications disponibles à ce jour

 Les systèmes de défense dans les souterrains-refuges tourangeaux (en collaboration avec Jean-Michel Machefert), Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, Tome XLI, pp.773-782, 1987.

Les cluzeaux de falaise du Levant espagnol, Subterranea, Actes du XIXème congrès de la SFES (1996), pp.67-78, 1997.

Le phénomène des souterrains-refuges en Touraine ; un ouvrage inédit : le souterrain des Goupillères, Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, Tome XLV, pp.829-849, 1999.

Souterrains aménagés, souterrains-refuges, souterrains annulaires… Un panorama de la question en région Centre, Comptes rendus du SARC Détection, caractérisation et fouille des structures souterraines médiévales (DRAC Centre – SRA), pp. 9-14, Orléans, 2013. En ligne sur http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Centre

Un souterrain armoricain de l’Âge du Fer : le souterrain de la Ville es Peniaux à Cancale (Ille-et-Vilaine), Subterranea n°170, pp. 16-21, 2014.

Underground refuges and war tunnels (France, Cappadocia, Afghanistan, Vietnam and Lebanon), Opera Ipogea (Journal of Speleology in Artificial Cavities), pp. 51-60, 1/2013.

Tunnel Warfare – the Chinese concept of active underground shelters, Subterranea (Subterranea Britannica Magazine) n°35, pp.75-77, April 2014.

 

 


 

Nouvel épisode de guerre souterraine à Gaza


illustration

En lançant cette nuit une offensive terrestre dans la bande de Gaza, Israël sait qu’il s’attaque à un ennemi pratiquant intensément la guerre souterraine et qui l’attend de pied ferme. Les multiples tunnels sous la frontière sont bien connus ; ils lui permettent de contourner le blocus de son puissant voisin pour importer des armes ou mener des attaques de commandos. Mais, sous ce territoire très urbanisé, le Hamas a également creusé, ex nihilo ou en reliant des sous-sols d’immeubles, une multitude d’installations souterraines à partir desquelles il espère bien imposer à Tsahal une « techno-guérilla » et lui occasionner de lourdes pertes. Sans parler des mines creusées sous les points de passage obligés des blindés israéliens...

 

Dans notre ouvrage La guerre souterraine, paru en 2011, nous concluions le chapitre consacré aux tunnels du Liban et de Gaza en dressant le bilan de l’opération Plomb durci déclenchée par Israël dans la bande de Gaza le 27 décembre 2008.

« Dès le 18 janvier, les groupes électrogènes ronronnent de nouveau près des puits d’accès dont certains n’ont semble-t-il que peu souffert, tandis que les tractopelles nivellent les zones retournées par les bombardements ou dégagent des entrées partiellement effondrées. Les plus profonds des tunnels, creusés à une trentaine de mètres sous la frontière, ont été à peine ébranlés. Ailleurs, à raison d’une dizaine de mètres par jour, les mineurs des sables dégagent et étayent des portions qui se sont affaissées sous les ondes de choc, les treuils remontant les déblais en surface dans des bidons transformés en godets. (…) Quoi qu’il en soit, les tunnels permettront toujours aux activistes de tous bords de s’approvisionner en armes et en munitions, sauf à séparer Gaza de l’Egypte en creusant un canal profond d’une vingtaine de mètres alimenté par les eaux de la Méditerranée, un tel projet pharaonique n’étant semble-t-il pas prêt de voir le jour étant donné son coût, ses conséquences sur les réserves d’eau douce de la région et la réprobation internationale qu’il ne manquerait pas de susciter. En 2010, le long de la frontière du côté de Rafah, les Egyptiens se sont mis à enfoncer des plaques d’acier jusqu’à 30 mètres de profondeur dans l’espoir d’empêcher définitivement le passage des tunnels. Est-ce vraiment possible ? » (La guerre souterraine, Editions Perrin, Paris, 2011, 348 p.)

 

Jérôme et Laurent Triolet, le 18 juillet 2014

 


 

Mise à jour de la Galerie photo « Villes souterraines de Cappadoce »


illustration

Plus de 50 « villes souterraines » ont été inventoriées en Cappadoce. Ces « villes souterraines » sont de vastes réseaux composés de plusieurs dizaines de salles reliées par de longs et étroits couloirs. La célèbre « ville souterraine » de Dérinkuyu, ouverte au public, est l’une des plus étendues ; elle comporte plusieurs niveaux et s’enfonce jusqu’à une profondeur de 45 m. Malgré les dimensions impressionnantes du réseau de Dérinkuyu qui pouvait probablement abriter 700 à 1000 personnes, la capacité de la plupart de ces complexes souterrains n’excédait pas quelques centaines de personnes. Il serait de ce fait plus approprié de les considérer comme de grands souterrains-refuges villageois comparables du point de vue de leur taille à ceux creusés dans le nord de la France.

Les refuges cappadociens disposent d’aménagements utilitaires variés : trous d’aération, petites et grandes niches, puits à eau et silos à grains. Concernant les aménagements défensifs, dans quelques réseaux, il existe des goulots ainsi que des feuillures taillées dans la roche et destinées à recevoir des portes de bois. Néanmoins, la porte de pierre - un disque de pierre similaire à une meule - constitue le système de défense caractéristique des refuges cappadociens. Toutes les « villes souterraines » sont protégées par ces portes de pierre, certaines d’entre elles atteignant des dimensions impressionnantes. La plus monumentale des portes de pierre du grand souterrain-refuge villageois de Özkonak est haute de 1,8 m et large de 0,67 m, avec une masse totale de 3,5 tonnes. Un orifice central perce de nombreuses portes de pierre. Tel un judas, il permettait de surveiller le couloir d’accès, mais il servait aussi très certainement de trou de visée, c’est-à-dire de meurtrière. Dans de nombreuses « villes souterraines », il existe d’ailleurs d’autres trous de visée forés dans les parois ou les voûtes des couloirs et débouchant juste devant les portes de pierre. Ainsi, dans les refuges cappadociens, les nombreuses portes de pierre successives combinées aux trous de visée assuraient une défense active élaborée et efficace. Les grands souterrains-refuges villageois de Cappadoce ont été creusés par des communautés rurales afin de se protéger des razzias arabes (du VIIIe au Xe siècle) et des attaques des Ottomans et des Turcomans (du XIIIe au XVe siècle).

 

 
 
Nos principales publications sur le sujet
 

Cappadocia : Schede dei siti sotterranei / Records of the underground sites (bilingue anglais / italien),sous la direction de Roberto Bixio, British Archaeological Reports (BAR) S2413, Oxford, 2012, 278 p.

La guerre souterraine, éditions Perrin, Paris, 2011 ; chapitre 1 : Des villes souterraines pour échapper aux razzias pp. 15-40.

Cappadocia - Le città sotterranee (écrit en italien), sous la direction de Roberto Bixio, Vittorio Castellani et Claudio Succhiarelli, Libreria dello Stato, Istituto Poligrafico e Zeca dello Stato, Rome, 2002, 319 p.

 Les Villes Souterraines de Cappadoce, éditions DMI, Torcy, 1993, 112p.

 

 


 

Communication lors du Séminaire d’archéologie de la région Centre, le vendredi 22 novembre 2013 à Orléans


illustration

 

Nous participerons au Séminaire d’archéologie de la région Centre «Identification, caractérisation et fouille des structures souterraines médiévales» organisé par la DRAC Centre - Service régional de l’archéologie, l’Institut national de recherches archéologiques préventives, l’Université François Rabelais de Tours et l’UMR 6173 CITERES - Laboratoire Archéologie et Territoires.

 

Ce séminaire se déroulera Vendredi 22 novembre 2013, salle des Délibérations, Hôtel du Département du Loiret, 15 rue Eugène Vignat à Orléans.

 

A 10h 15, nous présenterons la communication suivante :   Souterrains aménagés, souterrains-refuges, souterrains annulaires… Un panorama de la question en région Centre.

 

 


 

Conférence lors de la réunion d’automne de Subterranea Britannica, le samedi 19 octobre 2013 à Londres


illustration


A l’invitation de la société savante britannique Subterranea Britannica qui consacre ses activités aux structures souterraines conçues ou utilisées par l’homme, Laurent aura le plaisir de présenter une conférence sur les souterrains-refuges et les tunnels de guerre (France, Cappadoce, Afghanistan, Vietnam et Liban).

 

Cette conférence aura lieu le samedi 19 octobre à 15h 35 lors de la réunion d’automne de Subterranea Britannica qui se tiendra à partir de 9h30 à la Royal School of Mines, Imperial College de Londres.

 

Programme détaillé

 


 

Fête de la science « Le tuffeau, refuge pour tous », conférence proposée par Ethni’cité à Saint-Rémy-sur-Creuse (86), le vendredi 11 octobre 2013


illustration

A l’occasion de la Fête de la science, le vendredi 11 octobre à 19h 30, Laurent donnera une conférence intitulée Le tuffeau, refuge pour tous.

 

Dans un premier temps, il expliquera comment les hommes se sont profondément enfoncés dans la roche afin de s’y réfugier puis il évoquera quelques-unes des nombreuses espèces vivantes qui colonisent tous les vides creusées dans le tuffeau.

 

Salle des Fêtes, place de la mairie, Saint-Rémy-sur-Creuse - entrée gratuite

 

Ethni’cité, village troglodyte

 

La conférence filmée par Patrick Edgard Rosa 

(Tv-trogs / www.troglonautes.com)

 


 

Vient de paraître : Souterrains de Vendée


illustration

Souterrains de Vendée est paru début septembre 2013 chez Geste éditions.

 

Qui n’a jamais entendu parler de l’un de ces souterrains qui courent sous la campagne vendéenne ? On raconte qu’ils font des kilomètres, certains relieraient l’abbaye au château le plus proche, d’autres passeraient même sous les rivières et quelques-uns abriteraient de fabuleux trésors… mais attention, celui qui voudrait s’aventurer dans ces boyaux sombres s’expose à de curieuses rencontres, des fadets peu fréquentables y auraient élu domicile.

 

Au-delà du mythe et du folklore, nombreux sont les souterrains qui creusent le sous-sol de Vendée. Des souterrains-refuges équipés de redoutables systèmes de défense témoignent des guerres médiévales ou des guerres de Religion ; ils protégeaient paysans et villageois des pillards qui ne cessaient de ravager les campagnes lors de ces périodes troublées. Plus tard, durant les guerres de Vendée, ils servirent encore de caches à ceux qui voulaient échapper aux colonnes infernales. Plus énigmatiques et très anciens puisque creusés pour certains dès le Xe siècle, de curieux souterrains annulaires auraient été intégrés à des cultes ou à des rites liés à la Terre.

 

Fruit de 25 ans d’investigations sur le terrain et de recherches bibliographiques, cet ouvrage vous propose de découvrir quelques-uns des plus beaux et des plus intéressants souterrains de Vendée, mais aussi de partir sur les traces de leurs occupants.

 

 


 

Exposition de photographies « Souterrains de Vendée », du samedi 5 au samedi 19 octobre 2013, à Petosse (85)


illustration

Exposition de photographies, du samedi 5 au samedi 19 octobre, 6 rue du Poiré, centre bourg, Petosse

 

Réalisée à l’occasion de la parution du livre Souterrains de Vendée chez Geste éditions, cette exposition vous propose de découvrir quelques-uns des plus beaux souterrains de Vendée. Au travers d’une dizaine de panneaux grand format (65 x 85 cm), elle permet de partager l’esthétique de ces lieux magiques, de partir en quelque sorte sur les traces de leurs lointains occupants. Elle a recueilli le soutien de la municipalité de Petosse et de l’association LUCUS (Les Lucs-sur-Boulogne).

 

Laurent sera présent le samedi 5 octobre à 17 h pour l’inauguration. Ce sera l’occasion de commenter chacun des panneaux exposés et de présenter le livre Souterrains de Vendée.

 
Horaires d’ouverture : mercredi 9, samedi 12, dimanche 13, mercredi 16 et samedi 19 octobre de 15h à 18h
 
 

Si vous souhaitez accueillir cette exposition ailleurs en Vendée, contactez-nous.

 


 

Conférences lors du 36ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains, les 5, 6 et 7 octobre 2013 à Ribérac (Dordogne)


illustration

 

 

Jérôme participera au 36ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains qui se déroulera les 5, 6 et 7 octobre 2013 à Ribérac.

 

Jérôme y présentera une conférence sur Les souterrains de Vendée et il commentera deux extraits du film chinois La guerre des souterrains (1965).

 

 

 

 


 

 

Les souterrains de Vendée

Après 25 ans de recherches et à l’occasion de la parution du livre Souterrains de Vendée chez Geste éditions, cette communication présente l’état des connaissances sur le phénomène souterrain en Vendée ainsi que quelques-uns des plus beaux souterrains de ce département.

Au-delà d’une importante mythologie liée au monde du dessous, nombreux sont en effet les souterrains qui creusent le sous-sol d’une Vendée qui se singularise par sa richesse dans une région Pays-de-la-Loire relativement pauvre. Cette spécificité n’a rien d’étonnant dès lors qu’on ne tient plus compte des frontières administratives mais de l’histoire, la richesse de la Vendée étant à rapprocher de celle de la région voisine de Poitou-Charentes, le territoire de l’actuelle Vendée formant, avant la Révolution, le Bas-Poitou, partie intégrante de l’ancienne province du Poitou.

La majorité des réseaux vendéens sont des souterrains-refuges, des cavités fortifiées témoignant de l’autodéfense des communautés rurales lors des périodes de troubles incessants qui agitèrent le bas Moyen Âge et le XVIe siècle, notamment durant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Plus tard, au moment des guerres de Vendée, quelques-uns servirent encore de caches à ceux qui cherchaient à échapper aux colonnes infernales.

Les souterrains annulaires, dont les couloirs décrivent un ou plusieurs anneaux, sont également nombreux en Vendée. Creusés essentiellement dans l’est du département, ils appartiennent au groupe du Haut-Bocage, localisé à cheval sur la Vendée et les Deux-Sèvres et qui constitue l’un des deux noyaux à forte densité en souterrains annulaires aujourd’hui connus en France. Ils témoigneraient quant à eux de cultes ou de rites passés liés à la Terre, comme tend à le confirmer le souterrain annulaire redécouvert sous l’église Notre-Dame de Chalais.

 

Quand l’armée chinoise nous explique le concept de souterrain-refuge : Tunnel Warfare

Durant la guerre sino-japonaise (1937-1945), les paysans chinois développèrent une guerre de résistance populaire organisée à partir de souterrains tout à fait similaires à ceux qui furent utilisés plus tard au Sud-Vietnam contre les troupes françaises puis américaines.

Sous certains villages, les chinois creusèrent ainsi des dì dào, constitués de tunnels larges de 70 à 80 cm et hauts de 1 m à 1,50 m, reliant entre elles de nombreuses salles aux fonctions variées : postes de commandement, salles à manger, chambres de repos, stockages, toilettes… Les entrées étaient dissimulées dans un puits, sous une meule, sous un foyer… Et les dì dào étaient défendus par des trous de visée (des meurtrières) prenant accès et couloirs en enfilade, des puits-pièges, des portes et des trappes pour limiter la propagation des gaz et les tentatives d'inondation…

Au début des années 1960, le dì dào du village de Ranzhuang servit de cadre au tournage d'un fantastique film historico-didactique, modélisant, sous prétexte de fresque historique, le concept de creusement et de mise en œuvre des souterrains comme instruments de résistance du faible au puissant : Tunnel Warfare. Ce film, daté de 1965, juste au début de l'engagement massif des Etats-Unis au Vietnam, constitue en fait un véritable manuel. Il explique comment creuser des souterrains, comment s’y abriter des coups de l’ennemi puis le harceler à partir du réseau ! Les similitudes avec l’architecture, les aménagements et l’organisation de la plupart des souterrains médiévaux de l’ouest de la France ne peuvent que renforcer la thèse de leur utilisation en tant que souterrains-refuges.

 

Pour avoir plus d’informations sur ce congrès

 

 


 

Exposition de photographies « Souterrains de Vendée », du samedi 14 au dimanche 22 septembre 2013, Historial de la Vendée, Les Lucs-sur-Boulogne (85)


illustration

Exposition de photographies à l’Historial de la Vendée, en partenariat avec l'association LUCUS, lors des journées européennes du patrimoine, samedi 14 et dimanche 15 septembre, exposition visible également jusqu’au dimanche 22 septembre 2013.

 

Réalisée à l’occasion de la parution du livre Souterrains de Vendée chez Geste éditions, cette exposition vous propose de découvrir quelques-uns des plus beaux souterrains de Vendée. Au travers d’une dizaine de panneaux grand format (65 x 85 cm), elle permet de partager l’esthétique de ces lieux magiques, de partir en quelque sorte sur les traces de leurs lointains occupants. Elle a recueilli le soutien de l’association LUCUS qui œuvre pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine des Lucs-sur-Boulogne.                      

Historial de la Vendée – 85 170 Les Lucs-sur-Boulogne

 
  

Lors des journées du patrimoine, l’association LUCUS proposera en outre la visite exceptionnelle du souterrain-refuge de le Bugelière.                                      Association LUCUS

 

 


 

Parution des actes de la réunion de la Commission « Cavités artificielles » de l’Union Internationale de Spéléologie (Turin, 18- 20 mai 2012)


illustration

 

 

 

La revue italienne Opera Ipogea (Journal of Speleology in Artificial Cavities) consacre son premier numéro de l’année 2013 aux actes de la réunion de la Commission « Cavités artificielles » de l’Union Internationale de Spéléologie qui s’est tenue à Turin du 18 au 20 mai 2012 sur le thème « Classification des typologies des cavités artificielles dans le monde ».

 
 
 
Table des matières

The typological tree of artificial cavities: a contribution by the Commission of the Italian Speleological Society, Carla Galeazzi

Hydraulic works: the Map of the Ancient Underground Aqueducts, Mario Parise, Carla Galeazzi, Carlo Germani, Mariangela Sammarco

A Mediterranean Troglodytism database. An overview on the rupestrian settlements of the Mediterranean region, Mario Mainetti

The troglodytic castles of the Northern Vosges (France) and Palatinat (Germany), Luc Stevens

Underground refuges and war tunnels (France, Cappadocia, Afghanistan, Vietnam and Lebanon), Jérôme and Laurent Triolet

A new type of rock works: the apiaries, Roberto Bixio, Andrea De Pascale

Subterranea Britannica: Underground Britain, Martin Dixon

The ancient mines and quarries census project: a systematical approach to a missed heritage, Claudia Chiappino, Fabrizio Milla

The Italian National Register of artificial cavities, Marco Meneghini

Artificial caves as a possible danger: sinkholes and other effects at the surface, Mario Parise

 

Télécharger la publication Underground refuges and war tunnels (France, Cappadocia, Afghanistan, Vietnam and Lebanon)

 


 

Guerre souterraine au nord Mali ?


illustration

Les soldats français et tchadiens ont-ils eu affaire début mars à un ennemi pratiquant la guerre souterraine dans l’Adrar des Ifoghas ? Les comptes rendus faisant état de combats souterrains et de la prise ou de la fouille de nombreuses caches souterraines, de « grottes » abritant des dépôts d’armes dans la vallée d’Ametettaï au cœur de ce massif montagneux, semblent vouloir le confirmer. Ils font écho à des dépêches datant de début janvier et signalant le recrutement de main d’œuvre locale ainsi que l’utilisation d’engins de travaux publics et d’explosifs par les terroristes afin de creuser des réseaux élaborés de tunnels, de grottes, de puits et de tranchées dans le nord du Mali qu’ils espéraient ainsi sanctuariser. Comme le rapportait alors un témoin, « ils vivent à l’intérieur des rochers »… Les quelques photos et reportages vidéos disponibles à ce jour confirment en effet que, outre des grottes naturelles et des fissures sommairement aménagées et dissimulées, des ouvrages souterrains artificiels ont été creusés dans les Ifoghas. Une photographie publiée dans Le Monde et un reportage de France 24 montrent ainsi une salle de plan rectangulaire creusée à ciel ouvert dans une roche tendre de type lœss ou argile fine et communiquant par une étroite chatière en gueule de four avec un souterrain. Le soldat à plat ventre ne peut la franchir qu’en se déséquipant, confirmant si cela était encore nécessaire le rôle défensif de telles étroitures. Les traces des outils ayant servi au creusement sont parfaitement visibles sur les parois.

Il n’y a effectivement rien d’étonnant à ce que des combattants issus des GIA, du GSPC algérien ou passés par les maquis afghans aient, selon une tradition bien établie et rapportée dans notre dernier ouvrage La Guerre souterraine, cherché à se ménager des installations souterraines discrètes et résistant bien aux bombardements en prévision du conflit asymétrique avec les forces africaines et occidentales auquel ils s’attendaient. Au vu des bribes d’information qui nous parviennent, ils pourraient s’être inspirés des techniques de guerre souterraine vietnamiennes – la salle semi-enterrée précédemment décrite n’est pas sans rappeler celles que creusaient les Viêt-congs – ou des complexes souterrains creusés dans les montagnes afghanes durant l’invasion soviétique puis réutilisés contre les forces occidentales. Ils auraient ainsi établi, à l’abri du massif déjà très difficilement pénétrable des Ifoghas, une base pour partie souterraine et défendue en périphérie par de nombreux points d’appui en contrôlant les accès, ce qui en rendait la conquête particulièrement difficile et dangereuse. Nul doute donc que l’expérience de la fouille de souterrains acquise en Afghanistan par certaines unités françaises ait été d’un grand secours aux forces engagées dans l’Adrar des Ifoghas.

Jérôme et Laurent Triolet, le 6 mars 2013 (mis à jour le 2 avril 2013)

 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : « Cluzeaux » de falaise espagnols


illustration

Dans le Levant espagnol, autour de Bocairent, entre Valence et Alicante, se trouve un ensemble de « cluzeaux » de falaise tout à fait exceptionnel. Le site majeur en est « Les Covetes dels Moros », un « cluzeau » de falaise communautaire regroupant, creusées à flanc de falaise et sur 5 niveaux, 49 cavités possédant chacune leur fenêtre et reliées entre elles par 47 goulots. Dans le même secteur s'ouvrent six autres souterrains du même type, la plupart ne comportent  que quelques salles, mais deux d'entre eux, dont le site de « Bancal Redo »,  regroupent plus de dix ouvertures. Tous ces réseaux apparaissent intimement liés dans leur creusement et leur utilisation bien que leur datation soit difficile à préciser. L'utilisation de la barrière naturelle édifiée par le relief, les goulots des « Covetes », le mur de fortification de « Bancal Redo » témoignent indubitablement d'une volonté défensive. Les aménagements utilitaires et tout particulièrement les silos et les très probables salles-étables indiquent que ces cavités permettaient également de cacher les réserves et les animaux des villageois. Ainsi, « Les Covetes dels Moros » et « Bancal Redo » se classent parmi les souterrains-refuges communautaires.  Les autres sites, localisés aux points stratégiques le long de voies d'accès, remplissaient très certainement une fonction de guet et de défense tout en pouvant servir de refuges. Des cavités du même type existent également plus au sud, en Andalousie.

Voir les images

 

Une publication à télécharger sur le sujet : Les cluzeaux de falaise du Levant espagnol

 


 

Reportage sur l’art des carrières dans l’émission Vues sur Loire, diffusée sur France 3 le samedi 16 février, le dimanche 17 février et le mardi 19 février 2013


illustration

Dans ce reportage, Laurent vous fera découvrir deux carrières souterraines du Val de Loire abritant des représentations exceptionnelles.

Dans le premier site, sur le tuffeau, les carriers  ont laissé leurs comptes ainsi que des dessins de bateaux et de soldats napoléoniens ; à l’extrémité d’une galerie, dans une salle de veillée un homme a aussi dessiné une girafe, probablement en souvenir de la première girafe ayant foulé le sol français en 1826. Ailleurs, au cœur d’une champignonnière abandonnée, s’ouvre la chambre du Diable, un atelier de carrier transformé en salle de réunion. Ceux qui s’y retrouvaient ont décoré les parois d’une fresque saisissante mettant notamment en scène les dieux antiques du monde souterrain, un chef-d’œuvre de l’art des carrières.

 

Diffusion le samedi 16 février 2013 à 16h 15 sur France 3 Centre et le dimanche 17 février 2013 à 11h 30 sur France 3 Pays-de-Loire

 

Rediffusion le mardi 19 février 2013 à 10h 10 dans Des Histoires et des Vies sur France 3 Paris-Ile-de-France, Centre, Bretagne, Pays-de-Loire, Haute-Normandie et Basse-Normandie.

 

Voir le reportage réalisé par Elise Charbey et Christophe Brousseau

 


 

Vient de paraître : Cappadocia - Schede dei siti sotterranei / Records of the underground sites (bilingue Italien / Anglais)


illustration

 

 

Une nouvelle collaboration avec nos collègues italiens, sous la direction de Roberto Bixio qui a conduit de nombreuses explorations en Turquie. Cet ouvrage regroupe des données inédites (cartes, plans, photographies, analyses géologiques, catalogues, sources bibliographiques…) réunies lors des études archéologiques majeures menées ces vingt dernières années sur nombre d’importantes structures souterraines localisées dans les six districts qui composent la Cappadoce historique, ceux d’Aksaray, de Kayseri, de Kirsehir, de Nevsehir, de Nigde et d’Yozgat. A côté de données synthétiques (noms, localisation, planimétries), chacune des 40 monographies comprend  un itinéraire d’accès, une description du souterrain avec les plans ou schémas correspondants, une analyse de son organisation et des éléments historiques le concernant, ainsi qu’une bibliographie.

 


British Archaeological Reports (BAR) S2413, sous la direction de Roberto Bixio, publié par Archaeopress, Oxford, 2012, cartes, plans, schémas et photos, 278 p. ISBN 9781407310114

 


Site de l’éditeur


 

Conférence et présentation d’un film dans le cadre des Salons de Choiseul, Lycée Choiseul et Médiathèque François Mitterrand (Tours), le jeudi 29 novembre et le samedi 1er décembre 2012


illustration

 

  

Le Jeudi 29 novembre à 14h, dans le cadre des Salons de Choiseul, Rencontres historiques organisées au Lycée Choiseul à Tours sur le thème de la guerre, Laurent donnera une conférence sur l'utilisation des souterrains dans les conflits passés et actuels : « Souterrains-refuges et tunnels de guerre (France, Vietnam et Afghanistan) ».

Conférence gratuite et ouverte à tous (sur réservation) - Lycée Choiseul, 78 rue des Douets, Tours - salonsdechoiseul@gmail.com

 

   

 

Le samedi 1er décembre 2012 à 15h, Laurent présentera deux extraits d’un film chinois sur le creusement des tunnels de guerre. Ce sera l’occasion de faire le lien avec les tunnels du Viêt-cong et les souterrains-refuges de Touraine.

Projection gratuite et ouverte à tous - Médiathèque François Mitterrand, 2, esplanade François Mitterrand, Tours. 

 

Site et programme complet des Salons de Choiseul
 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : Troglodytes de Cappadoce


illustration

La Cappadoce se niche au cœur du plateau anatolien en Turquie. Rompant avec la monotonie de la steppe qui recouvre l’essentiel du haut plateau, de petites vallées offrent un paysage envoûtant. Au creux des vallons, coiffées d’un bloc en équilibre, de hautes cheminées de pierre surgissent au milieu des vignes. Une multitude de cônes s’alignent dans les vallées les plus larges. Des falaises roses bordent les cours d’eau, des pitons rocheux s’élèvent vers le ciel et des volcans se détachent sur l’horizon. Ce sont ces volcans combinés à l’action de l’eau, du gel et du vent qui sont à l’origine de ce modelé grandiose. Ces éléments ont sculpté un matériau volcanique particulier : le tuf. Cette roche volcanique étonnante, aux couleurs variées, à la fois tendre et résistante, compose l’ensemble de l’univers cappadocien. En s’installent dans ce monde minéral, très tôt l’homme a su tirer profit de cette roche facile à travailler, il est devenu troglodyte. Dès le IVe siècle les ermites y ont creusé leurs cellules, puis les moines y ont aménagé leurs monastères et les byzantins y ont taillé de superbes églises rupestres. Partout, les paysans y ont creusé maisons, bergeries ou encore pigeonniers. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les troglodytes cappadociens occupaient encore les innombrables habitations creusées dans le tuf par les générations successives. Ici l’homme a attaqué de toute part la roche qui s’offrait à lui, il a apporté une dernière touche à l’œuvre de la nature, construisant avec elle un univers rupestre  époustouflant.

Voir les images


 

Conférence lors de la réunion de la Commission « Cavités artificielles » de l’Union Internationale de Spéléologie, les 18, 19 et 20 mai 2012 à Turin (Italie)


illustration

 

 

 

Nous sommes membres de la Commission "cavités artificielles" de l'Union Internationale de Spéléologie. A l’initiative de la Associazione Gruppi Speleologici Piemontesi et de la Società Speleologica Italiana, cette commission se réunira à Turin les 18, 19 et 20 mai 2012 pour aborder les questions de la classification et de la typologie des cavités artificielles.

 

 

 

 

 

Le samedi 19 mai 2012, Laurent présentera la conférence : « Souterrains-refuges et tunnels de guerre (France, Cappadoce, Afghanistan, Vietnam et Liban) ».

Résumé en anglais

 


Les communications et les tables rondes sont ouvertes au public, elles se dérouleront Parco della Tesoria, Corsio Francia 192 à Turin. Pour plus d’informations : Mario Parise (m.parise@ba.irpi.cnr.it), Fabrizio Milla (fabrizio.fabus@libero.it).
 

 

PROGRAMME

 

Friday May 18, 2012

Arrival of participants

17.00: Meeting of UIS Commission on Artificial Cavities (participation open)
19.00 In memory of Luigi Barcellari

 

Saturday May 19, 2012

9.00-9.30
Introduction to the workshop (M. Parise)

Authorities welcome : Associazione Gruppi Speleologici Piemontesi, Società Speleologica Italiana, Union Internationale De Speleologie
9.30-13.00

The typological tree of artificial cavities : a contribution by the SSI Commission (C. Galeazzi)

Hydraulic works: the Map of the Ancient Underground Aqueducts (M. Parise)

Rupestrian settlements. An overview on some areas of the Mediterranean Basin (A. De Pascale)

The troglodytic castles of the Northern Vosges (France) (L. Stevens)
Underground refuges and war tunnels (L. Triolet)

Typologies of artificial caves: examples from Turkey (H. Egilmez)

A new type of rocky work: the Apiaries (R. Bixio)

Underground with Subterranea Britannica - site types and interests (M. Dixon)
Discussion
15.00-17.00

Erdställe", artificial caves in Austria and Germany (D. Ahlborn)

The Ancien Mines & Quarries Census Project : a systematical approach to a missed heritage (C. Chiappino)

The Italian Cadastre of Artificial Cavities (M. Meneghini)

Artificial Caves as a possible danger : sinkholes and other effects at the surface (M. Parise)

Artificial and natural cavities, the two underground worlds. Which is the largest  ? ... (G. Badino)
17.00 : round table discussion

A system of classification for artificial cavities: updating of the Italian classification and outcomes from the workshop

18.00-18.30 - poster session

20.00 : Social dinner in a typical restaurant (not included in the workshop fee)

 

Sunday May 20, 2012

9.00-12.00 : Visit to the Museum Pietro Micca and the 1706 Torino siege. From the Museum we will have access to the underground gallery, a military structure 14-km long. www.museopietromicca.it

 


 

Rencontre à l’occasion de la parution de La guerre souterraine à La Boîte à Livres (Tours), le lundi 26 septembre 2011 à 18h 30


illustration

 

 

Laurent aura le plaisir de présenter « La guerre souterraine » lors d’un rencontre à La Boîte à Livres à Tours.

 

 

 

Ce sera notamment l’occasion d’évoquer le cheminement qui a conduit à ce livre et qui a commencé en Touraine, il y a plus de 25 ans, lors de l'exploration du Château-Robin, un souterrain-refuge creusé au bord de l'Indre.

 

 

 

  

La Boîte à Livres, 19 rue nationale, 37000 Tours – tél. : 02.47.05.70.39 - e-mail : info@boitealivres.com 

site de La boîte à Livres 


 

Vient de paraître : La guerre souterraine - Sous terre, on se bat aussi


illustration


La guerre souterraine, vient de paraître aux éditions Perrin.

 

Cet ouvrage est publié avec le concours du Centre national du livre.

 

 

Confrontés à une insécurité endémique ou à des ennemis dont la puissance les dépassait, les hommes ont de tous temps confié leur survie au monde souterrain, se terrant dans les cavités qu’ils rencontraient ou creusant,  au prix de travaux d’une ampleur à peine imaginable, des souterrains très élaborés, spécialement conçus pour pouvoir s’y abriter, s’y défendre, contrer et même prendre soudainement le dessus sur l’adversaire.


C’est à cette guerre souterraine qu’est consacré cet ouvrage qui dresse un panorama en neuf tableaux de l’utilisation guerrière du monde souterrain à travers le temps et l’espace. Du Moyen Age au XXIe siècle, des campagnes françaises aux montagnes afghanes, en passant par les hauts plateaux anatoliens, la forêt vietnamienne, les montagnes algériennes ou libanaises, cet ouvrage met en évidence un phénomène méconnu, d’une remarquable homogénéité, et toujours d’actualité. La seconde moitié du XXe siècle et le début du XXIe siècle regorgent ainsi de guerres souterraines habilement et efficacement menées face aux armées les plus puissantes de la planète.



Fruit de plus de 25 ans de recherches et de réflexion, cette synthèse inédite résulte de très nombreuses explorations de terrain, mais aussi  de l’analyse et de la confrontation d’une multitude de sources tant archéologiques, historiques que militaires. Ce livre établit des passerelles entre archéologie, histoire et actualité ; les témoignages contemporains confortant la fonction de refuge attribuée à la plupart des souterrains médiévaux, tandis que l’étude des souterrains-refuges et tunnels de guerre aujourd’hui désaffectés permet de mieux comprendre leur redoutable efficacité dans le cadre de confrontations asymétriques modernes. Pour la première fois, les circonstances ayant conduit et conduisant encore des hommes à choisir la guerre souterraine y sont identifiées et modélisées.


 

 


 

Les Souterrains-refuges de Touraine, rencontre et projection de photographies lors des journées du Patrimoine le dimanche 18 septembre 2011 à 14h 30 au Musée René Descartes à Descartes (Indre-et-Loire)


illustration

Avec des couloirs étroits qui ne laissent le passage qu’à un seul homme, des chatières qui ne se franchissent qu’en rampant et des salles basses dans lesquelles on ne peut se tenir debout, les souterrains posent quelques difficultés à ceux qui veulent s’y aventurer. Largement méconnus, ils témoignent d’un difficile labeur et révèlent une page de l’histoire de nos régions. Les aménagements taillés dans la roche et même les graffiti qui couvrent parfois leurs parois nous emmènent sur les traces des hommes des temps passés, des hommes qui ont osé pénétrer la terre par effraction pour y aménager avec ingéniosité des monuments qui ont traversé les siècles.

 

A l’aide de la projection d’une cinquantaine de photographies, Laurent vous invite à découvrir ces souterrains-refuges de Touraine creusés pour échapper aux pillards qui ravageaient les campagnes durant le Moyen Âge et les guerres de Religion. L’étude de ces cavités, de leur architecture et de leur organisation permet à la fois de comprendre les motivations de ceux qui les creusèrent et d’imaginer la vie des populations qui s’y réfugiaient.

 
 

Parallèlement, du lundi 12 au lundi 26 septembre 2011, le musée exposera une quinzaine de photographies sur les Troglodytes du Val de Loire. Au travers de ces clichés, Laurent évoque les habitants des maisons troglodytiques creusées dans le tuffeau, mais aussi les autres hommes qui ont pratiqué ou qui pratiquent encore une activité sous terre : carriers, vanniers, champignonnistes ou encore villageois réunis pour des veillées souterraines.

 

Musée René Descartes, 29 rue René Descartes, 37160 Descartes - tél. : 02 47 59 79 19 -  courriel : musee@ville-descartes.fr - site du musée


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : Creutes durant la Grande Guerre


illustration

Lors de la Grande Guerre, dès l'établissement de la guerre de positions, du Nord à la Champagne, les armées des deux camps cherchèrent des abris pour leurs unités de première ligne mais également pour leurs cantonnements, leurs unités de soutien, leurs dépôts de matériel et leurs hôpitaux… Afin de résister à la formidable puissance de l'artillerie déployée de part et d’autre, les militaires colonisèrent d’anciennes carrières souterraines ou creusèrent d’importants ouvrages souterrains.

De nombreuses photographies d’époque témoignent de la vie dans ces abris souterrains et autres creutes.

  Voir les images


 

Reportage sur l’Art des carrières dans l’émission Vues sur Loire diffusée le dimanche 6 mars 2011 à 11h 35 sur France 3 Centre et Pays de la Loire


illustration

 Dans ce reportage, Laurent vous fera découvrir deux carrières souterraines du Val de Loire abritant des représentations exceptionnelles.

 
 
Dans le premier site, sur le tuffeau, les carriers  ont laissé leurs comptes ainsi que des dessins de bateaux et de soldats napoléoniens ; à l’extrémité d’une galerie, dans une salle de veillée un homme a aussi dessiné une girafe, probablement en souvenir de la première girafe ayant foulé le sol français en 1826.
 
Ailleurs, au cœur d’une champignonnière abandonnée, s’ouvre la chambre du Diable, un atelier de carrier transformé en salle de réunion. Ceux qui s’y retrouvaient ont décoré les parois d’une fresque saisissante mettant notamment en scène les dieux antiques du monde souterrain, un chef-d’œuvre de l’art des carrières.
 

 


 

Nouveau sujet dans la Galerie photo : les tunnels du Vietnam


illustration

Lors de la Guerre d’Indochine puis de la Guerre du Vietnam, les combattants du Viêt-minh et du Viêt-cong creusèrent de gigantesques réseaux souterrains sous la jungle et les villages vietnamiens. Ces « tunnels de guerre » servaient de refuges discrets aux combattants, les protégeant des bombardements, leur permettant à la fois d'échapper aux opérations de « nettoyage » et de se déplacer sans être vus pour contre-attaquer là où on ne les attendait pas. Ainsi, lors de l’offensive du Têt, l'attaque sur Saigon partit des fameux tunnels de Cu Chi, situés une quarantaine de kilomètres au nord de Saigon.


Ailleurs, les Vietnamiens creusèrent également des cavités d’un autre genre, de véritables souterrains-refuges villageois destinés à protéger population civile, combattants ainsi que dépôts d’armes et de munitions.
 

  

                                                                                                              Voir les images

 

 


 

Conférence lors du 33ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains, les 11 et 12 septembre 2010 à Loudun (Vienne)


illustration

 

 

Nous participerons au 33ème congrès de la Société Française d’Étude des Souterrains organisé  en partenariat avec l’association Art et Culture en Pays Loudunais et qui se déroulera les 11 et 12 septembre 2010 à la collégiale Sainte-Croix. Nous y présenterons une conférence : « Le souterrain du château de La Roche-Clermault et ses graffiti ».

 

 

 

 

 

Choisi par Rabelais comme théâtre lors des fameuses guerres picrocholines, le château de La Roche-Clermault recèle un des plus intrigants souterrains de France. Ce grand souterrain-refuge est surtout connu pour ses nombreux graffiti et ses curieuses gravures, dont le fameux orant, qui ont focalisé l’attention des chercheurs, aux dépens parfois de l’architecture même du souterrain, pourtant éminemment complexe.
Connu depuis le début du XXe siècle, ce réseau fut identifié comme un souterrain-refuge et publié pour la première fois par Raymond Mauny, en 1965, dans le Bulletin de la Société des Amis du Vieux Chinon. C’est Hubert Gouin, propriétaire des lieux, qui avait attiré  son attention sur cet exceptionnel ouvrage. A partir de cette date et jusqu’au milieu des années 70, des fouilles et des dégagements menés par Albert Héron, André Dufoix et de nombreux membres tourangeaux de la SFES dont Marc Leterreux, mirent à jour le souterrain et la salle de l’orant tels qu’ils nous sont connus aujourd’hui.
Une quinzaine d’années plus tard, plusieurs visites nous permirent de rédiger la monographie publiée en 1991dans notre livre Souterrains du Centre-Ouest, monographie accompagnée de plans des deux réseaux aujourd’hui distincts accessibles sous la forteresse.
Ayant réalisé à la faveur de nouvelles visites que les plans publiés en 1991 n’étaient pas assez précis pour permettre une analyse satisfaisante de cet ensemble exceptionnel, nous en avons levé de nouveaux, très détaillés, l’objectif étant de préciser les relations entres les divers étages et les différentes parties des réseaux. La superposition du plan d’ensemble à celui des  vestiges encore visibles en surface permet par ailleurs de mieux situer le souterrain dans ses relations avec l’imposante forteresse aujourd’hui presque disparue. Ce travail constitue également l’occasion de revenir et de faire le point sur les fameux graffiti qu’abrite cet exceptionnel souterrain-refuge.
 


Pour avoir plus d’informations sur ce congrès


 

Exposition de photographies et rencontre autour des Troglodytes du Val de Loire Du mardi 30 mars au samedi 30 avril 2010, Bibliothèque municipale de Saint-Pierre-des-Corps (37)


illustration

 

Aujourd’hui encore, en Val de Loire, nombre d’hommes se plaisent à vivre dans des maisons sans toit, directement creusées dans la roche. Certains travaillent même en cave, tels les vanniers qui se cachent du soleil dans leurs ateliers souterrains. D’autres artisans, cultivateurs de la nuit, font pousser endives ou champignons, évoluant en silence dans un labyrinthe qu’ils ont su apprivoiser à la seule lueur de leur lampe frontale. Tous ces habitués des galeries, se sont aussi exprimés sur les parois vierges qui s’offraient à eux, nous léguant un véritable art des carrières, une œuvre riche s’enracinant dans leur vie quotidienne et leur imaginaire.

 

 

Du mardi 30 mars au samedi 30 avril 2010, à la Bibliothèque municipale de Saint-Pierre-des-Corps, exposition Les Troglodytes du Val de Loire. Au travers d’une quinzaine de photographies, Laurent Triolet évoquera les habitants des maisons troglodytiques creusées dans le tuffeau de Touraine, mais aussi les autres hommes qui ont pratiqué ou qui pratiquent encore une activité sous terre : carriers, villageois se réunissant pour des veillées souterraines, vanniers ou encore champignonnistes.


Mardi 20 avril 2010 à 18h 30, Bibliothèque municipale de Saint-Pierre-des-Corps, rencontre et projection sur Les Troglodytes du Val de Loire.
 


 

Souterrains du Centre-Ouest en ligne


illustration

 

En 1991, avec Souterrains du Centre-Ouest, paraissait notre deuxième livre consacré aux souterrains. Pour préparer cet ouvrage, nous avions étendu notre champ d’investigation au-delà des frontières de la Touraine, étudiant et explorant des réseaux situés aussi bien dans le Blésois, le Poitou, le Berry que l’Anjou. En nous intéressant à un territoire plus vaste, nous entamions des comparaisons nous amenant pour la première fois à individualiser différents groupes de souterrains caractérisés notamment par leurs systèmes de défense, ces entités se moquaient des frontières administratives, ce qui confortait pleinement l’idée d’une étude sur une zone géographique élargie. Aujourd’hui encore, les études comparatives de souterrains implantés dans les différents territoires français nous apparaissent essentielles pour une meilleure compréhension du phénomène des souterrains-refuges et du phénomène des souterrains-annulaires.


Souterrains du Centre-Ouest est l’un de nos tout premiers ouvrages et, bien évidemment, près de vingt ans plus tard, nous ne rédigerions pas ce livre de la même manière, et tout particulièrement les textes de certaines monographies. Néanmoins, concernant ce territoire du centre-ouest de la France, bon nombre de nos conclusions d’alors restent globalement valides et nos études les plus récentes ne font que les étoffer, les affiner ou les décaler légèrement dans le temps.

 


Aujourd’hui, alors que depuis longtemps Souterrains du Centre-Ouest n’est plus disponible en librairie, il nous a semblé utile de permettre à tous de pouvoir le lire en ligne dans sa version d’origine.

 

Jérôme et Laurent Triolet, le 22 novembre 2009.
 

 

Feuilleter et lire Souterrains du Centre-Ouest en ligne

 

 


 

 © Jerôme et Laurent TRIOLET 2017 - Toute reproduction interdite

 Information Copyright ©